Kinshasa, le 25 septembre 2026 –
La protection des libertés fondamentales franchit un cap historique en République démocratique du Congo. À l’issue de plusieurs journées de concertations stratégiques, une conférence de haut niveau s’est tenue à Kinshasa le vendredi 25 septembre 2026, réunissant la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH-RDC), les organisations de la société civile (OSC) de défense des droits humains, ainsi que le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH).

Cette rencontre de grande envergure a été marquée par la participation active du directeur du BCNUDH, le Dr Patrice Vanard, aux côtés des commissaires nationaux de la CNDH. Ensemble, les participants ont scellé un pacte de collaboration visant à ériger un véritable bouclier autour des libertés publiques.
Un partenariat sacré pour la prévention et l’alerte précoce
L’objectif principal de cette conférence de haut niveau était de redéfinir, restructurer et consolider la synergie entre l’institution nationale d’appui à la démocratie et les forces vives de la nation. Pour la CNDH, la protection des droits humains repose sur une collaboration étroite avec les OSC, qui jouent un rôle crucial dans la documentation des violations, l’accompagnement des victimes et l’alerte rapide, particulièrement dans les zones de conflit de l’est du pays.

Le BCNUDH et le “Statut A” de la CNDH
Le Dr Patrice Vanard (BCNUDH) a insisté sur le renforcement des capacités et de l’indépendance de la CNDH. Concernant le « Statut A », il a rappelé qu’il s’agit d’une reconnaissance internationale essentielle pour garantir la crédibilité de l’institution. Le BCNUDH a également souligné l’importance de lutter contre l’impunité.
Sécurité des acteurs de première ligne
La conférence a mis en lumière la nécessité de protéger les défenseurs des droits humains et les avocats menacés, notamment ceux contraints de fuir l’instabilité de l’Est pour Kinshasa. En clôture, les parties ont convenu d’une feuille de route commune pour pérenniser cette coopération
Les princilales recommandations issues des consultations
Au regard des différentes contributions recueillies, les propositions peuvent être regroupées autour des axes suivants:
Axe 1 : Institutionnaliser le dialogue CNDH–société civile
Il est proposé de mettre en place un cadre permanent de concertation CNDH–société civile, d’organiser régulièrement des consultations thématiques, de renforcer les échanges d’informations entre la CNDH et les OSC, de développer des mécanismes de saisine et de référencement des cas, et enfin d’organiser conjointement des ateliers, colloques et des conférences.
Axe 2 : Renforcer la protection des défenseurs des droits de l’homme
Il est proposé de renforcer les mécanismes de protection des DDH, de développer un mécanisme spécifique pour les défenseurs déplacés des zones de conflit, d’améliorer l’identification et le suivi des DDH exposés à des risques, de renforcer la collaboration avec les partenaires susceptibles d’appuyer les mécanismes de protection, et enfin d’accorder une attention particulière aux DDH privés de liberté dont le cas nécessite une vérification et un suivi.
Axe 3 : Renforcer la présence territoriale de la CNDH
Les consultations ont fait apparaître la nécessité de redynamiser les structures provinciales et locales, d’évaluer le fonctionnement des BRP et des Antennes urbaines et territoriales, de renforcer leurs ressources humaines, matérielles et financières, et enfin d’améliorer leur capacité de recevoir et traiter les alertes provenant du terrain.
Axe 4 : Renforcer la collaboration avec les professions judiciaires
Il est proposé de formaliser davantage la collaboration entre la CNDH et les organisations professionnelles d’avocats, notamment par des cadres de concertation, des formations communes, des avis et études sur les garanties professionnelles et enfin des mécanismes de signalement des atteintes aux droits des avocats.
Axe 5 : Renforcer la collaboration avec les confessions religieuses
Les confessions religieuses pourraient être davantage associées aux activités de promotion des droits de l’homme, d’éducation civique, de prévention des conflits, de promotion de la paix et de sensibilisation communautaire.
Axe 6 : Renforcer la coopération interinstitutionnelle
La proposition d’un cadre de concertation entre la CNDH et le CSAC pourrait être examinée, notamment sur les questions relatives aux discours de haine et à la protection de l’espace civique numérique.
Cellcom CNDH-RDC






