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(M. Paul Nsapu, président de la CNDH-RDC)

Kinshasa, 22 juillet 2026

Le renforcement de la protection des droits fondamentaux est notamment l’une des finalités de toute réforme constitutionnelle, a relevé le président de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’une conférence-débat organisée, jeudi à Kinshasa, par une association.

« La CNDH-RDC, conformément à son mandat légal et à sa loi organique, ne prend pas position sur les choix politiques qui relèvent de la souveraineté du peuple. En revanche, elle a l’obligation de rappeler un principe fondamental: toute réforme constitutionnelle doit avoir pour finalité le renforcement de la protection des droits fondamentaux, de la démocratie, de la justice et de l’Etat de droit », a déclaré M. Paul Nsapu, président de cette institution d’appui à la démocratie.

Il a relevé d’entrée de jeu que cette conférence-débat sur le sujet : « Droits de l’homme et réforme constitutionnelle: enjeux, limites et perspectives pour un Etat de droit en RDC », est d’une importance capitale pour l’avenir du pays.

C’est ainsi que le président Nsapu a rappelé la RDC traverse depuis plusieurs décennies une succession de crises politiques, sécuritaires, économiques et humanitaires qui ont profondément affecté le tissu social du pays. Il a indiqué que les populations de l’Est de la RDC, comme celles également des autres provinces, continuent de subir les conséquences dramatiques des conflits armés, des déplacements forcés, des violences sexuelles, des massacres de civils et d’autres violations graves des droits de l’homme.

C’est pourquoi, pour lui, toute réflexion portant sur une éventuelle réforme constitutionnelle ne saurait être réduite à un simple débat technique entre juristes ou à une confrontation de positions politiques, martelant qu’elle doit interpeller avant tout la conscience collective.

Pour Paul Nsapu, une Constitution n’est pas seulement un texte juridique: elle est le pacte fondamental par lequel un peuple organise son destin commun, garantit les libertés publiques et protège la dignité de chaque personne humaine.

Réformer ou non la Constitution !

La question essentielle, a-t-il encore soutenu, n’est pas de savoir s’il faut ou non réformer la Constitution, mais plutôt dans quel intérêt, selon quelle méthode et avec quelles garanties pour les droits humains.

« La Constitution ne trouve sa véritable grandeur ni dans la longueur de ses articles ni dans l’élégance de sa rédaction. Elle trouve sa grandeur dans sa capacité à protéger les plus faibles, à limiter l’arbitraire du pouvoir et à garantir que chaque Congolaise et chaque Congolais puissent vivre une vie libre, égale en dignité et en droits », a-t-il également soutenu.

Le président de la CNDH a soutenu, en outre, que son institution entend apporter sa contribution au débat national; non pas comme un acteur politique, mais comme un organe indépendant chargé de veiller au respect, à la promotion et à la protection des droits de l’homme, conformément aux Principes de Paris et à la Constitution de la République.

Il a aussi fait savoir que la question de la réforme constitutionnelle ne peut être abordée sous le seul angle de l’opportunité politique. Elle doit être examinée, pour lui, à la lumière des valeurs supérieures qui fondent toute société démocratique : la dignité humaine, la liberté, l’égalité, la justice et la participation des citoyens à la gestion de la chose publique.

Consentement populaire

Par ailleurs, dans le cadre des perspectives et recommandations, la CNDH, à travers son président, a soutenu que toute initiative de réforme constitutionnelle devrait être conduite dans le respect scrupuleux de la Constitution elle-même, des principes démocratiques, de l’État de droit et des engagements internationaux de la RDC, constituer un processus qui devrait être fondé sur le consentement populaire.

« Une Constitution durable est celle qui résulte de l’écoute mutuelle et du consensus le plus large possible », a-t-il martelé.

« La véritable réforme que notre peuple attend n’est pas uniquement celle des textes. Elle est aussi celle des pratiques, des comportements et de la culture institutionnelle. Une Constitution, si parfaite soit-elle, ne peut produire ses effets que si chacun accepte de la respecter, de la faire vivre et de la défendre. Le destin d’une Nation ne dépend pas uniquement de la qualité de ses lois ; il dépend également de la fidélité de ses citoyens et de ses dirigeants aux valeurs qu’elles consacrent », a conclu le président Paul Nsapu.

Presse/ CNDH-RDC

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